Gomis comme Zidane
Pour ne décevoir personne, «Bafé» ne tardait pas à se mettre en action. Sur une bonne passe en profondeur de Flamini à la 53e minute, le Stéphanois ne se posait pas de question dans la surface, mais il croisait un poil trop sa tentative. Son heure venait-elle déjà de passer ? Que nenni. Sur une passe appuyée de Ben Arfa cinq minutes plus tard, Gomis s'arrachait du marquage d'un défenseur équatorien avant d'expédier un sublime missile dans la lucarne du portier sud-américain. Un véritable petit chef d'œuvre, accueilli par des «Gomis ! Gomis !» extatiques. Ce coup de canon passé, il lui fallait encore surfer sur cette vague de popularité soudaine et entretenir son rêve de partir pour l'Euro. Galvanisé, il se lançait alors dans de folles courses pour presser la relance adverse, avant d'enchaîner par plusieurs appels. Sans succès, même s'il régalait par moment l'assistance de son sens du jeu dos au but. Mais à la 85e minute, Anelka héritait d'un ballon sur la droite. Le joueur de Chelsea avait alors une bonne demi-heure, montre en main, pour lever la tête et ajuster son centre vers... Gomis, qui, d'une reprise aérienne, scellait le sort de la rencontre (2-0) et entrait dans l'histoire des Bleus aux côtés d'un certain Zinédine Zidane.
Modeste avant tout
En effet, jusqu'à présent, «Zizou» était le seul joueur de l'équipe de France à avoir inscrit un doublé lors de sa première sélection. C'était en 1994, face à la République tchèque (2-2). On sait ce qu'il advint par la suite de ce jeune joueur... Si Gomis ne semble pas promis au même avenir, toujours est-il que l'écarter désormais du groupe des 23 paraît plus compliqué. Ce que reconnaissait d'ailleurs Sébastien Frey après la rencontre : «Il a fait vraiment une très grosse deuxième période (...) Alors bien sûr qu'à la place de Raymond Domenech je serais embêté au moment de choisir.» Gomis, lui, refusait de s'enflammer et apparaissait presque comme dépassé par sa propre réussite : «Je suis content qu'on ait gagné ce match pour ma première sélection, bien plus que mes deux buts. L'important pour moi, c'est d'avoir vu comment cette équipe de France vit ensemble et quoi qu'il arrive, cela aura été une bonne expérience. Je ne sais pas si j'ai mis le doute dans l'esprit du sélectionneur pour sa liste et je ne suis pas là pour dire si je dois y croire ou pas.» Même en le poussant dans ses retranchements en insistant encore et encore sur l'importance de ce doublé, le Stéphanois se voulait modeste : «Je ne pense pas que mes deux buts changent quelque chose. Sans mes coéquipiers, je n'aurais pas pu mettre ces buts. Djibril a bien fatigué la défense et quand je suis arrivé, c'était plus facile de marquer». Très bien, on a compris, alors c'est de la faute de Cissé si Raymond Domenech a vécu une courte nuit...



